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 Chapitre 2

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MessageSujet: Chapitre 2   Ven 10 Nov - 16:07

Chapitre 2
(partie 1)



La maison semblait étrangement vide et bien rangée. On entendait juste la voix du présentateur du journal télévisé. Le jeune homme s'avançait lentement dans le couloir. Tout vêtu de noir, il entra dans le salon à pas feutrés. Personne. Il regarda autour de lui avec méfiance. Ses sens étaient en alerte, à l'affût d'un quelconque bruit suspect. Il continua son chemin pour arriver dans la cuisine. La jeune fille brune était de dos, en train de couper une tomate pour son repas de midi. Le soleil hivernal filtrait sur la table de travail une lumière dorée, agréable.

Le couteau scintilla dans sa main, et de l'autre, l'homme attrapa les cheveux de la brune. L'action se déroula très vite. Elle eut à peine le temps de hoqueter de surprise qu'un long trait rouge seyait à sa gorge délicate en un sourire béat. Le sang coula le long de son cou gracile et le jeune homme allongea délicatement le corps de la femme. Il la regarda, sa vie s'écoulant lentement hors d'elle. Elle suffoquait, la bouche remplie de son sang. Son regard vitreux fixait le plafond comme un poisson fixe le vide lorsqu'il est hors de l'eau.

Le jeune homme fit quelques pas dans la cuisine. La femme resta de longues minutes à gargouiller dans son sang, consciente. Comme s'il était hors de question pour elle de s'assoupir pour embrasser le sommeil éternel. Non, elle clignait encore des paupières et son ventre se levait et s'affaissait toujours, de manière irrégulière. Il devait changer ses plans, l'égorger ne suffisait pas. Il prit un torchon de cuisine pour éviter de laisser des traces derrière lui et le plaça sur son visage pour l'étouffer. Sa bouche était obstruée par le sang mais elle arrivait encore miraculeusement à respirer par le nez. La femme tenta de se débattre en repoussant l'homme de ses bras mais elle était devenue trop faible pour l'empêcher de mettre fin à sa vie. Elle redevint immobile, tressauta deux fois puis ne bougea plus. Elle ne bougera même plus jamais. L'homme se releva, jeta un dernier regard sur la cuisine. Il replaça un couteau sur le plan de travail, un peu maniaque Avant de sortir, il se retourna. Il sentait une présence entre ces murs. Une présence qu'il aurait voulu percer à jour. Elle était invisible mais tout son être lui confirmait qu'elle était bien là. Quelqu'un l'observait.

Lyuba se réveilla en sursaut. Son rêve, ou plutôt son cauchemar avait été étrangement réel. La scène qu'elle venait de vivre à travers ses songes comportait des détails surréalistes. Elle avait été jusqu'à sentir le goût métallique de l'hémoglobine, entendre le corps de la femme tomber sur le sol et le gargouillement de son sang lorsqu'elle tentait de respirer par la bouche. Les mains de Lyuba tremblaient à cette idée, mais ce n'était rien comparé à la peur qui l'avait saisie lorsque l'homme avait commencé à la scruter, elle. Il avait senti sa présence, il l'avait regardée dans les yeux et causé son réveil.

La jeune fille balaya sa chambre d'un bref coup d'oeil alors qu'elle récupérait son souffle; tout semblait à sa place. Il n'y avait pas lieu de s'inquiéter. Elle prit la clé qu'elle avait laissée sur sa table de nuit et la détailla dans la lumière du jour qui filtrait à travers les rideaux tirés. Un étrange symbole figurait sur celle-ci, rien d'autre. Lyuba hésita à la laisser là ou la prendre avec elle pour aller en cours. Non, elle la laissera là. Elle la reposa à sa place et partit se changer dans la salle de bain.

Au moment de partir, elle se ravisa. Elle la reprit et l'inséra dans la poche avant de son sac. Elle pourra ainsi montrer toutes les preuves à Aubéline et lui parler de Clovis. Et que diable, elle se demandait encore pourquoi une clé. Le verre, d'accord... Mais une clé ?

*****

En arrivant à l'université, Lyuba pensait retrouver Clovis. Lui demander quelle était la raison pour laquelle il lui avait donné cette fameuse clé. Mais en entrant dans l'auditoire, elle ne le vit nulle part. Au fond d'elle, elle avait le sentiment que cela n'augurait rien de bon. Il ne lui restait plus qu'à espérer retrouver son amie pour tout lui raconter. Elle se creusait les méninges et tournait les questions dans tous les sens, sans jamais trouver de réponses satisfaisantes. Cette aura maléfique, qu'elle sentait autour d'elle, la travaillait tellement que Lyuba était à l'affût de la moindre étrangeté, chaque bruit intense la faisait sursauter. Elle bondit de sa chaise lorsque la sonnerie retentit à la fin du cours, annonçant le repas de midi. Néanmoins, elle faisait de son mieux pour gérer son stress en inspirant profondément. Elle prit son temps pour ranger ses affaires et sortir de l'amphithéâtre.

« Et bien alors, t'es tombée du lit ? » rit Aubéline en voyant son amie arriver. Lyuba fronça les sourcils et son amie lui fit de la place à ses côtés sur le banc de la cafetéria.

« Tu as oublié de te maquiller ma belle. » continua-t-elle en faisant un rapide clin d'oeil.

La rouquine resta un moment muette avant de lâcher sans plus de conviction un :
« Ha ! Merde... »


Même si finalement, elle s'en souciait fort peu. Le maquillage était la dernière de ses préoccupations. Son cauchemar était encore trop récent pour qu'elle en fasse abstraction. Ce regard de glace la hantait, il l'avait percé à jour et cela ne faisait que croître les craintes qui l'assaillaient déjà. Elle savait qu'elle n'avait pas été sur place, mais jamais personne dans un rêve ne l'avait reperée de la sorte. C'était comme si cet homme avait lu en elle. Elle s'est sentie nue, faible et sans protection aucune.

« Tu ne devineras jamais ! s'extasiait déjà Aubéline, rayonnante alors qu'elle mordait déjà dans son sandwich.
— Tu es rentrée avec Tony hier soir ? Tu es venue chez lui ? Ou il est venu chez toi ? répondait Lyuba d'une voix monocorde qui trahissait son intérêt limité pour cette conversation.
— Mieux encore !
— Hum... Vous l'avez fait... ? »

Les yeux de son amie brillèrent de malice, un grand sourire aux lèvres. Lyuba lâcha un soupir quelque peu amusé puis but une gorgée d'eau alors qu'Aubéline lui expliquait son incroyable soirée.

« J'ai l'impression de parler dans le vide tu sais là.
— Pardon, je ne suis pas dans mon assiette.
— Ca ne va toujours pas ? C'est en rapport avec hier soir ?
Lyuba fronça les sourcils avant de se souvenir qu'elle était partie en prétendant se sentir mal.
— Il y a un certain Clovis qui m'a parlé pendant la soirée, il m'a offert un verre et...
— Haaaaa ! s'écria Aubéline avec un grand sourire complice sur les lèvres.
— C'est pas ce que tu crois... »

Sur ces mots, elle sortit la clé et la déposa sur la table.

« Je suis sortie du club et il m'a accosté dans la rue pour me donner cette clé sans plus d'explications.
— C'est... Bizarre.
— Et en plus j'ai encore fait un rêve... J'ai rêvé du même homme, je crois, sauf qu'il a tué une femme alors qu'elle cuisinait gentiment. Égorgée chez elle, son sang coulait sur le carrelage en marbre... C'était moche. »

Elle n'avait pas besoin d'en dire plus, le silence exprimait mieux ce cauchemar qu'elle venait de vivre. Aubéline arborait une expression sidérée, interloquée. Elle inspira pour reprendre la parole alors que Lyuba remettait la clé dans son sac.

« Tu avais déjà rêvé de meurtres ?
— Non, c'est la première fois... »

Elles se turent toutes les deux une seconde.

« Elle était comment cette femme ? Et cet homme ?
— La femme... Blonde, je dirais 1m65 et plutôt fine... Elle avait deux enfants, deux garçons. Je l'ai vu sur le cadre photo de sa cuisine... Quant au tueur, il a les yeux bleu azur, perçants... »

À son évocation, elle frissonna en détournant le regard. Elle comptait lui parler de cette coïncidence douteuse où il l'avait regardée, où il la voyait. Mais juste quand elle ouvrit la bouche pour reprendre la parole, Tony apparut.

« Salut. Je peux me joindre à vous ? »

Aubéline leva son regard vers lui, émerveillée de voir l'homme de sa vie venir à elle. Leur conversation prit fin par la même occasion, laissant en suspens un nombre incalculable de questions que Lyuba n'avait pas envie d'être la seule à porter.

Quelque chose vibra dans sa poche de jean. Elle sortit son téléphone portable qui affichait un nouveau message d'un numéro inconnu. D'un toucher sur l'écran tactile, le message s'afficha.

- Tu as mis la clé en lieu sûr ?


La jeune fille scruta les alentours pour voir si Clovis était dans les parages. Qui avait pu lui donner son numéro? Le message parlait de la clé, il n'y avait donc aucun doute sur son émissaire. Elle pianota sur son portable et répondit de suite.

- Oui. Je l'ai sur moi. Pourquoi?

La seconde qui suivit, son portable vibra à nouveau.

- Bien. Garde-la toujours près de toi.

- Oui, mais pourquoi?

Lyuba attendit quelques secondes qu'il réponde à son message, mais il n'en fit rien. Silence radio. Et puis de toute façon, les cours allaient reprendre. Alors qu'Aubéline faisait les yeux doux à Tony, elle sortit de table sans un mot et retourna à l'auditoire pour la suite de la journée.
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MessageSujet: Re: Chapitre 2   Ven 10 Nov - 16:09

Chapitre 2
(partie 2)



« Tu as fait ce qu'il fallait ?

— Oui, comme vous le désiriez... »

Des voix en fond, pourtant, seul le profsseur parlait, au devant de l'auditoire. Puis, qui aurait l'idée de chahuter pendant le cours le plus important du cursus ? Lyuba se retourna pour voir qui discutait... Mais tous les élèves semblaient concentrés...

« Très bien, tu seras payé un tiers du montant, comme convenu alors... »

Lyuba se figea, parcourue de sueurs froides. Était-ce... un rêve? Alors qu'elle était en train de suivre un cours de manière assidue ? Elle referma sa main sur son stylo et inspira profondément. Elle espérait juste que cela s'arrête.

« Merci.

— Te souviens-tu de ce que tu as à faire maintenant... ? »

La jeune fille leva les yeux au ciel, fixa le plafond, mais les voix lui parvenaient toujours. Par curiosité, elle les ferma. Immédiatement, la scène apparut derrière ses paupières closes. Elle revit le même homme, cheveux noirs, yeux bleus, grand et finement musclé... Et puis cette dame aux longs cheveux noirs... Elle avait reconnu la voix de l'autre soir... Toujours dans cette même pièce.

« Oui. Par contre, je vais avoir un souci pour la clé...

— Je vous écoute... » dit-elle après un court silence.

La clé ? Quelle clé ? La sienne ? Le coeur de Lyuba se mit à battre plus fort dans sa poitrine et son pouls s'accéléra. Elle avait chaud et froid en même temps, crispée et détendue... Elle voulait savoir de quoi il retournait, ses sens en alerte, mais juste au moment où elle l'entendit prendre la parole, une voix la sortit de ses rêveries.

« Lyuba, ça va ? »

Une main s'était posée sur son épaule et elle ouvrit brusquement les yeux. Les voix dans sa tête se turent et elle se retrouva de nouveau dans l'auditoire, à côté de Camille, sa camarade de classe. Son expression préoccupée traduisait son inquiétude.

« Je... Je vais sortir désolée, ne t'en fais pas. »

Lyuba referma son cahier et sortit de l'auditoire ; elle avait besoin de se reprendre. Rien n'allait plus. Elle se faufila jusqu'aux toilettes où elle s'aspergea le visage à l'eau claire. Pendant quelques secondes, elle se regarda dans le miroir, sans rien dire, seule sa respiration coupait le silence.

« Tu dois te calmer Lyuba... » dit-elle à haute voix. Elle le savait déjà mais il lui était difficile d'écouter son propre conseil. Elle n'avait pas demandé à entendre ces bribes de conversations dans sa tête, ni à ce que certains détails s'entrecroisent. La clé, ces voix, cet homme, ce meurtre... Il y avait quelque chose d'excitant, mais aussi de dérangeant... Et d'effrayant surtout. Cette aura maléfique. Elle ne savait pas si elle devait rire ou pleurer, aller de l'avant et chercher à en savoir plus ou s'enfuir le plus loin possible de cette fameuse clé.

- Je fais des rêves même en cours maintenant...

C'est trop flippant. Tu es déjà rentrée chez toi?


Lyuba avait pris son portable et envoyé rapidement un petit message à sa meilleure amie. Normalement, elle terminait plus tôt qu'elle aujourd'hui. Sans doute était-elle déjà à la maison. Elle allait en faire de même, puisqu'elle était de toute façon incapable de suivre son cours avec cet état d'esprit.

En rentrant chez elle, Lyuba balança son sac sur le lit. Elle en sortit la clé et l'accrocha à une chaine autour de son cou. Ainsi, elle était sûre de toujours l'avoir sur elle, au cas où elle recroiserait Clovis.

Juste au moment où elle pensait envoyer un deuxième message à son amie pour lui parler des derniers événements, son portable prit vie, vibrant de musique pour signifier un appel.

« Allo? Aubéline?

— Salut, ça va, tu vas bien?

— Moyennement, c'est trop bizarre... »

Il y eut un petit silence de l'autre côté du combiné. Elle l'entendit reprendre son souffle.

« J'ai des nouvelles... Pour le peu étrange. Figure-toi que ma mère a été réquisitionnée pour aller dans un appartement. Dans un village juste à côté... »

La mère d'Aubéline était flic, une véritable battante. Courageuse, forte, parfois un peu têtue mais sa passion pour son métier faisait d'elle un exemple pour tous. Bien sûr, c'était difficile, mais elle prenait son rôle très à coeur.

Seulement, à ces mots, la rousse s'imaginait déjà le pire. Ces sueurs froides lui revenaient et la main qui tenait son portable se mit à trembler sous l'effet de l'attente.

« Une femme est décédée... Égorgée... comme dans ton rêve... Dans la cuisine, comme dans ton rêve... Mère de famille, comme dans ton rêve...

— Tout... comme dans mon rêve? » répondait Lyuba avec un trémolo dans la voix.

Elle regarda autour d'elle. Tout semblait tanguer, même son bureau, même le lit sur lequel elle finit par s'asseoir par sécurité.

« Tout comme dans ton rêve oui... On en reparle peut-être chez Fiorini? On se retrouve là-bas dans vingt-cinq minutes?

— Oui... d'accord... »

Aubéline coupa la conversation alors que Lyuba avait gardé son téléphone à l'oreille. Elle finit par se laisser tomber en arrière, sur son lit, en regardant le plafond. Elle avala sa salive, ferma les yeux en prenant le temps de respirer et de se poser. Mais au lieu de trouver du calme, elle se sentit projetée ailleurs, une fois encore...

« Allons... Tu vas encore me dire que tu ne sais pas ? Malgré tout ça, malgré tout ce que tu as enduré ? Tu voudrais vraiment... perdre la vie pour ça ? »

L'homme aux yeux bleus, sa voix, sa manière de parler... Elle le vit marcher comme un vautour le long d'une table... Sur laquelle se trouvait un corps... Déjà mutilé. Les lanières qui liaient ses pieds et ses mains étaient trop serrées, son corps était tellement ensanglanté... Sans pour autant qu'on puisse distinguer l'origine de ce sang. La vision remonta jusqu'à son visage... Et ce fut le choc. Elle se releva d'un coup, les yeux grands ouverts sur sa chambre vide. Car malgré les ecchymoses, Lyuba reconnut Clovis. Et elle cria à en perdre haleine.
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